LE CIMETIERE JUIF D’ETTENDORF

Le cimetière d’ETTENDORF est un exemple unique de tombes du 16ème siècle à nos jours.

HISTORIQUE

L’autorisation à l’ouverture de ce cimetière fut donnée par Henri de FLECKENSTEIN en 1554 suite à la supplique lui ayant été adressé par le prévôt des Juifs LAZARUS de SURBOURG. Sa fondation est peut-être postérieure, 15ème siècle, mais il n’en existe aucune preuve écrite.

Il est très rare de retrouver des stèles du 15ème siècle car elles étaient en bois. Pendant une assez longue période, stèles en pierre et stèles en bois coexistèrent mais les stèles en pierre avaient été interdites après la grande peste de 1349 et ce, jusqu’à la fin du 16ème siècle. La tombe de dame Tedzelin, datée de 1566 est  probablement la plus ancienne d’Alsace.

Ettendorf est une immense nécropole, elle est située sur les pentes d’un petit coteau près du village, s’étend environ sur 4 hectares et compte plus de 2000 tombes visibles. Il y en a vraisemblablement plus car certaines sont tombées et ont été recouverte de terre.

Le cimetière, au moins dans sa partie la plus ancienne, aurait été fortifiée en son temps, entourée de murs pouvant résister à des assauts et servir de refuge en cas de besoin. Mais les contreforts pouvaient aussi avoir été édifiés à cause des glissements de terrain.

Les juifs du conté de Hanau sont contraint de se faire enterrer au cimetière central d’Ettendorf. Du 15ème à la fin du 18ème siècle, les juifs provenant de plus de 40 villages différents y sont enterrés. En 1851, le nombre de communautés adhérentes se réduit à une vingtaine. A partir de la fin du 19ème  siècle, les petites communautés de la région obtiennent l’autorisation d’ouvrir de nouveaux cimetières, elles sont alors moins nombreuses à utiliser notre nécropole.

Actuellement, seules une douzaine de communes enterrent leurs défunts à Ettendorf. Les secteurs les plus représentés sont : Hochfelden, Dettwiller, Bouxwiller, Pfaffenhoffen et Dauendorf.

En 1995, le cimetière est classé « monument historique ».

Il est probable que beaucoup de tombes anciennes soient ensevelies par les différents glissements de terrain. Ce qui explique que la partie haute du cimetière soit presque vide. La tempête Lothar de 1999 a fait tomber beaucoup d’arbres qui protégeaient les stèles des intempéries les protégeant de l’érosion .

LA MAISON MORTUAIRE

Située après l’ancien mur d’enceinte, la maison mortuaire dans laquelle on « purifiait » les défunts a sur son mur une bénédiction en hébreu tirée d’Isaïe 25, 8

LES EPITAPHES

La majorité des textes sont gravés, mais il en existe de rares en relief.

Les épitaphes sont de différents types :

inscription sobre : untel fils de untel, décédé tel jour, enterré tel jour de telle année. Eloge final

inscription plus développée : untel fils de untel, plusieurs qualificatifs, date et éloge

inscription plus élaborée : plusieurs lignes sont consacrées à l’éloge

inscription littéraire : rimes en fin de lignes ou acrostiches

inscription élégiaque : « ….Nephtali est une biche rapide… », «…femme plus pure que l’or… »

Les rabbins et les érudits ont droit à des éloges particuliers.

Au fil des siècles, le passage des inscriptions se fait progressivement de l’hébreu à moitié en hébreu et moitié en français ou en allemand (1870 à 1918)  puis entièrement en français

LES STELES

Ronde  du 16ème au 19ème, voire 20ème

– Cippe à angle aigue (16ème)

– Arc en accolade, gothique tardif fin 16ème

– Coquille St Jacques, milieu du 17ème, renaissance allemande

– Stèle de type médiéval avec l’ornementation de l’aiguière des Lévites

– Tête rectangulaire sans marge (17ème)

Mains bénissantes des Cohanim : elles apparaissent pour la 1ère fois à ETTENDORF (1658)

– Retour au gothique, fin 17ème

– Baroque luthérien avec cartouche sage (milieu 18ème)

– Chapeau de gendarme autour de 1749, forme inspiré des armoires loraines

– A partir du 19ème, les stèles sont inspirées par le romantisme : saule pleureur, mains jointes (reprise d’un tableau de Dürer)

– Stèle avec « shofar » pour le « hazan » (chantre)

– Stèle avec gobelet et couteau pour le « mohel » (circonciseur)

– Stèle colonne brisée (personne jeune sans descendance)

– A partir du milieu du 20ème siècle, les pierres tombales sont couchées

Le cimetière juif  d’ETTENDORF est un témoin de la présence juive en Alsace et de l’évolution de l’art funéraire du 16ème siècle à nos jours. Les épitaphes illustrent la foi profonde de ce judaïsme alsacien si particulier.

Traduction :

Béni sois-tu Eternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui vous a créé avec équité, qui vous a nourri et entretenu avec équité, qui vous a retiré la vie avec équité, qui connait votre nombre en équité, et qui un jour vous fera revivre en équité, Béni sois-tu Eternel, qui fait revivre les morts.

Après l’enterrement on arrache de l’herbe et l’on dit :

Il germeront de la ville comme l’herbe de la terre

Souviens-toi que nous sommes poussière. ( après quoi on se lave les mains et l’on dit : )

Il anéantira la mort à jamais, L’Eternel essuiera les larmes de tous les visages et fera disparaître de toute la terre l’opprobe qui pèse sur son peuple, car l’Eternel a parlé.

 

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